Chaudrée de maïs avec bacon à l’érable et patates grelots
- Préparation 20 min
- Réfrigération 3 à 4 jours
- Cuisson 40 min
- Portions 6 à 8
- Congélation Absolument
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🌽 Une chaudrée qui suit le blé d’Inde
Je commence à faire ma chaudrée de maïs avec bacon à l’érable et patates grelots au moment où le blé d’Inde arrive sur les tables, et je continue tout l’automne jusque dans l’hiver. C’est une fenêtre, pas une date sur le calendrier. Quand les épis frais disparaissent des kiosques, je passe au maïs surgelé et personne autour de la table ne s’en aperçoit.
🥓 Le bacon à l’érable reste dedans
La plupart du monde fait croustiller son bacon, le retire, et le remet en garniture juste avant de servir. Moi non. Mon bacon à l’érable retourne dans la casserole et il mijote vingt minutes avec le reste. Je perds du croquant, je le sais et je l’assume. Ce que je gagne, c’est un bouillon qui goûte le fumé et le sucré de l’érable jusqu’à la dernière cuillerée. C’est un échange que je referais tous les jours.
🥔 Le gras de bacon fait le roux, les grelots font le reste
Une fois le bacon sorti, je retire les trois quarts du gras et je garde le reste. C’est là-dedans que la farine va cuire. Rien à ajouter, rien à acheter, la base de la chaudrée est déjà dans le fond de la casserole et elle goûte l’érable. Pour les patates, je prends des grelots et je les coupe en quatre plutôt qu’en cubes. Les morceaux gardent leur peau, ils tiennent au mijotage et ils ne se défont pas en purée dans le bol.
🍲 Une soupe au maïs qui tient au corps
Ça donne six à huit bols pleins, et ce n’est pas une entrée. C’est un souper. Si tu cherches une soupe au maïs ou une crème de maïs bien lisse, ce n’est pas ici: ma chaudrée a des morceaux, elle a du bacon, elle a des patates. Les restes du lendemain passent en lunch sans rechigner, et c’est souvent là qu’elle est à son meilleur.
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🥔 Des grelots coupées en quatre, jamais en cubes
Un cube de patate a six faces plates et elles s’usent toutes en même temps dans le bouillon. Un quartier de grelot garde sa peau sur un côté, et cette peau-là tient le morceau ensemble pendant les vingt minutes de mijotage. Compte une dizaine de grosses grelots, ce qui tourne autour de 500 à 600 g. Tu veux mordre dedans à la fin, pas ramasser de la purée au fond du bol.
🥓 Le bacon mijote avec le reste, et c’est voulu
Je sais que la mode est de réserver le bacon croustillant pour le mettre sur le dessus. Je fais le contraire et je l’assume. Le bacon à l’érable qui mijote vingt minutes donne tout ce qu’il a au bouillon, le fumé comme le sucré. Si le croquant te manque vraiment, garde deux ou trois morceaux de côté et dépose-les sur le bol au moment de servir. Le reste retourne dans la casserole.
🍲 Le gras de bacon à l’érable, c’est ton roux
Après avoir retiré le bacon, enlève les trois quarts du gras et laisse le reste. La farine va cuire là-dedans une minute avant que le bouillon arrive. C’est le geste qui fait toute la différence entre une chaudrée qui a du corps et une soupe au maïs qui goûte l’eau. Verse le bouillon d’un coup et fouette tout de suite: les grumeaux se défont en dix secondes si tu ne les laisses pas prendre.
🥛 La crème champêtre, pourquoi elle et pas une autre
Plus épaisse et moins grasse que la crème à cuisson ordinaire, je l’adore pour ça. Elle donne l’onctuosité sans alourdir le bol. Si tu n’en trouves pas, prends de la crème 15 % à cuisson ordinaire, ce sera un peu plus liquide, ou de la crème 35 % si tu veux aller dans le très riche. Le lait tout seul, je ne le conseille pas: il tranche plus facilement quand ça mijote.
♨️ Le fameux 1 cm de découvert
Quand je couvre la casserole, je laisse toujours un centimètre d’ouverture. Je fais ça pour que ça réduise, mais pas trop. Couvercle fermé complètement, la vapeur retombe dedans et tu te ramasses avec une chaudrée délavée. Couvercle enlevé, ça réduit trop vite et il faut allonger. Un centimètre, c’est le juste milieu, et c’est vingt minutes tranquilles sans avoir à surveiller.
🌽 Le maïs surgelé va direct dans le chaudron
Pas besoin de le décongeler, pas besoin de le rincer. Il entre gelé avec le reste des ingrédients et il finit de cuire pendant le mijotage. Et si tu viens de faire une épluchette de blé d’Inde et qu’il te reste des épis, sers-toi en, c’est définitivement une bonne idée. Un épi moyen donne à peu près ¾ de tasse de grains, donc les 3 tasses de la recette se remplacent par environ 4 épis. Tu peux aussi la faire avec du maïs en conserve bien égoutté si c’est ce que t’as sous la main.
🥬 La version sans bacon
Tu peux absolument faire cette chaudrée sans bacon. Attention par contre au trou que ça laisse: sans bacon, il n’y a plus de gras de bacon pour le roux. Remplace-le par 2 c. à soupe (30 ml) de beurre ou d’huile d’olive, fais fondre, puis fais cuire la farine dedans exactement de la même façon. Prends du bouillon de légumes au lieu du bouillon de poulet et t’as une chaudrée de maïs végétarienne qui se tient debout toute seule.
📅 Préparation d’avance
Ça se prépare la veille, mais pas au complet. Coupe tes patates en quartiers et garde-les dans l’eau froide au frigo, tranche ton céleri et tes carottes, hache ton oignon et ton ail, mesure ta farine et tes épices, et fais cuire ton bacon d’avance. Range chaque affaire dans un pot bien identifié. Le lendemain, le roux, le bouillon, la crème et le montage se font sur le poêle en une vingtaine de minutes pendant que le monde est là. Ça sent la vraie cuisine quand la porte s’ouvre, et t’es avec ton monde au lieu d’être planté devant le rond.
❄️ Congélation et conservation, honnêtement
Au frigo, elle se garde trois à quatre jours dans un contenant fermé. Et oui, ça se congèle. La texture va changer, je ne te mentirai pas: la patate ne sera pas à son optimum et la crème peut se séparer un peu au dégel. Ce n’est pas une raison pour la jeter aux poubelles si t’en as trop. Tu la passes à tes enfants et ils ne diront pas un mot à propos de la texture. Réchauffe-la à feu doux en remuant, et allonge avec un peu d’eau ou de bouillon de poulet si elle a trop épaissi.
✅ Avec quoi servir ma chaudrée de maïs avec bacon à l’érable et patates grelots?
Ça prend quelque chose pour saucer, c’est non négociable. Mes pains briochés au fromage font exactement le travail, et si t’es pressé, mes croûtons au parmesan lancés sur le dessus donnent le croquant que le bacon mijoté ne donne plus. Pour couper le crémeux, une salade César classique bien citronnée à côté. Et si t’as des invités et que tu veux en mettre plein la vue, coupe un grilled-cheese au poulet, brie et pommes en deux et dépose-le sur le bord du bol.
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Ingrédients
- 375 g (environ ¾ lb) de bacon à l’érable, coupé en gros morceaux
- Huile d’olive
- ½ oignon jaune, haché finement
- 3 gousses d’ail, hachées finement
- 3 branches de céleri, tranchées
- 2 carottes pelées, tranchées
- ¼ tasse (60 ml) de farine
- 5 tasses (1,25 L) de bouillon de poulet
- 3 tasses (750 ml) de maïs surgelé
- 1 tasse (250 ml) de crème 15 % champêtre
- 10 grosses patates grelots (environ 500 à 600 g), coupées en 4
- ½ c. à soupe (7,5 ml) d’épices italiennes
- Sel et poivre du moulin
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Préparation
- Dans une grande casserole chauffée à feu moyen, mettre le bacon, ajouter un mince filet d’huile d’olive et cuire 7 à 8 minutes, en remuant de temps en temps, jusqu’à ce que le bacon soit croustillant. À l’aide d’une cuillère trouée, retirer le bacon et le réserver dans un bol. Retirer les ¾ du gras dans la casserole.
- Ajouter l’oignon et l’ail et arroser d’un mince filet d’huile d’olive. Cuire 3 à 4 minutes en remuant.
- Ajouter le céleri et les carottes et arroser d’un mince filet d’huile d’olive. Cuire 7 à 8 minutes en remuant.
- Ajouter la farine, mélanger et cuire 1 minute en remuant. Verser le bouillon de poulet et fouetter pour défaire les grumeaux.
- Ajouter le reste des ingrédients et le bacon, saler et poivrer et mélanger. Amener à ébullition, réduire à feu doux et couvrir en laissant 1 cm de découvert. Laisser mijoter pendant 20 minutes en remuant de temps en temps!
Une chaudrée, c’est une soupe épaisse et généreuse, bâtie sur un corps gras, un féculent et un liquide crémeux. Il y a presque toujours des patates dedans, souvent du porc salé ou du bacon, et des morceaux qu’on mastique. La différence avec une soupe ordinaire tient à la texture: une chaudrée se tient à la cuillère, elle ne coule pas. Ma chaudrée de maïs avec bacon à l’érable et patates grelots suit cette logique-là au complet, avec un roux monté dans le gras de bacon plutôt que dans du beurre.
Les trois grandes familles viennent de la côte est américaine et se distinguent par le liquide. La Nouvelle-Angleterre, c’est la blanche, montée au lait ou à la crème, la plus épaisse des trois. La Manhattan est rouge, à base de tomates, sans aucun produit laitier, avec du céleri et des carottes dedans. Le Rhode Island est la plus dépouillée: un bouillon clair, ni lait, ni beurre, ni tomates, juste les palourdes et les patates, avec ce qu’il faut d’aromates. Ma chaudrée de maïs appartient clairement au camp de la Nouvelle-Angleterre.
On dit chaudrée, tout simplement. Et le plus drôle, c’est que le mot anglais vient de chez nous: « chowder » est une déformation du français « chaudière », le gros chaudron qu’on suspendait au-dessus du feu. Les pêcheurs bretons et normands ont amené le mot et le plat à Terre-Neuve et en Gaspésie, et ça a descendu vers la Nouvelle-Angleterre avec la pêche à la morue. Le mot est attesté en anglais depuis 1751. Donc quand tu écris chaudrée, tu ne traduis pas un mot anglais, tu ramènes le mot chez lui.
Le gras. Pas la crème, le gras du départ. Si tu jettes tout le gras de bacon et que tu repars avec du beurre neutre, tu perds la moitié du goût avant même d’avoir commencé. Garde le quart du gras dans la casserole, fais-y suer tes légumes, puis cuis ta farine dedans une minute pleine avant de verser le bouillon. Le deuxième secret, c’est de ne pas faire bouillir après avoir ajouté la crème: feu doux, vingt minutes, et le tour est joué.
Parce que dans un mélange d’épices italiennes il y a plein d’épices qui sont délicieuses. En passant, « les épices italiennes », ça n’existe pas vraiment: c’est une étiquette commerciale sur un pot. Ce qu’il y a dedans, c’est du basilic, de l’origan, du thym, du romarin et de la marjolaine séchés. Appelé de même, ça sonne moins bizarre dans une chaudrée, non? Si t’aimes mieux monter le tien, une demi-cuillère à soupe d’un mélange maison de ces herbes-là fait pareil.
Une soupe au maïs, c’est le terme large: n’importe quel bouillon avec du maïs dedans, clair ou pas. Une crème de maïs, c’est passé au mélangeur, lisse d’un bout à l’autre, sans morceaux. Une chaudrée, c’est le contraire de ça: des morceaux partout, des patates, du bacon, et une texture assez épaisse pour que la cuillère tienne debout. Si tu veux la version lisse, passe la moitié de la chaudrée au mélangeur et remets-la dans la casserole, ça te donne un entre-deux réussi.
Du pain, toujours du pain. Mes pains briochés au fromage sont faits pour saucer, et mes croûtons au parmesan rendent le dessus du bol beaucoup plus intéressant. Une salade César classique à côté vient couper le crémeux. Et si tu veux rester dans le blé d’Inde jusqu’au bout, sers un maïs grillé sur le barbecue au bacon et au cheddar en entrée pendant que la chaudrée finit de mijoter.
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